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Assurance emprunteur et hypertension artérielle

 

L’hypertension artérielle est souvent considérée comme un facteur de risque aggravé lors de la souscription d’une assurance emprunteur. Très répandue en France, cette pathologie peut rendre l’accès à une assurance de prêt immobilier plus complexe et entraîner des surprimes.

Toutefois, des solutions existent en 2026 pour les emprunteurs concernés, notamment grâce à la loi Lemoine, qui permet, sous certaines conditions, de supprimer le questionnaire médical.

 

1) Le niveau de tension et les complications : les deux critères qui comptent vraiment 

Un assureur ne consulte pas directement votre dossier médical. Il s’appuie sur les informations déclarées dans votre questionnaire de santé pour vous positionner dans sa grille d’acceptation.

Concernant l’hypertension artérielle, cette évaluation repose principalement sur deux critères : le niveau de tension réellement contrôlé sous traitement et la présence éventuelle de complications.

 

Profil tensionnel Traitement Complications Issue habituelle
HTA légère (< 140/90 mmHg) stabilisée Monothérapie Aucune Tarif standard ou surprime modérée sur décès/PTIA
HTA modérée contrôlée Monothérapie ou bithérapie Aucune Surprime décès/PTIA, ITT généralement préservée
HTA mal contrôlée ou bithérapie + facteurs associés Bithérapie ou plus Aucune documentée Surprime plus élevée, exclusion cardiovasculaire possible
HTA avec complications Plusieurs traitements AVC, insuffisance cardiaque ou rénale Surprime importante, exclusion ITT fréquente, refus possible

En dessous, stabilisée sous un seul médicament, l'HTA est souvent traitée comme un risque limité. Au-dessus, ou avec plusieurs molécules, la mécanique change.

Une HTA traitée depuis plus de 3 ans avec une tension stable compte mieux dans la grille qu'un diagnostic récent avec un bilan incomplet. Le recul sur l'équilibre du traitement compte autant que le chiffre tensionnel lui-même. Rassemblez vos bilans des 12 derniers mois avant de déposer votre dossier.

Les facteurs aggravants

Parmi les facteurs aggravants les plus courants en 2026 figurent le tabagisme, le surpoids ou l’obésité, le diabète de type 2, un cholestérol non traité ou encore des antécédents cardiovasculaires familiaux. Chaque facteur additionnel pèse dans l’évaluation globale et la surprime. 

Un hypertendu non-fumeur, sans diabète, avec un IMC normal et une tension stabilisée, a un profil très différent d'un hypertendu fumeur avec surpoids. Les deux déclarent une HTA. Ils n'obtiendront pas la même réponse.

Exemple

Paul, 48 ans, est hypertendu depuis six ans. Sa tension est stabilisée à 130/85 mmHg sous monothérapie, il est non-fumeur, avec un IMC de 24, et ses bilans rénal et cardiaque sont normaux. Malgré cela, son contrat groupe bancaire lui propose une surprime de 50% sur les garanties décès et PTIA. En passant par un assureur en délégation, il obtient finalement une couverture au tarif standard, après comparaison des offres via un courtier spécialisé.

2) ITT : pourquoi l'hypertension est moins problématique que d'autres maladies ? 

 

Sur l’ITT, l’hypertension artérielle isolée passe souvent sans difficulté particulière. Et c’est justement ce qui surprend beaucoup de monde : on imagine qu’un antécédent médical va bloquer d’emblée la garantie.

La vraie différence se fait surtout avec les pathologies plus lourdes, comme le diabète de type 1 ou certains antécédents psychiatriques. Dans les contrats groupes, ces profils donnent plus souvent lieu à des exclusions ITT. Une hypertension bien contrôlée, sans complication, est en général traitée de manière plus simple, surtout en délégation.

Là où les choses se compliquent vraiment, c’est quand l’HTA a déjà entraîné des atteintes cardiaques ou neurologiques : AVC, cardiopathie hypertensive, insuffisance cardiaque. À ce stade, l’assureur peut ajouter une exclusion des affections cardiovasculaires sur l’ITT, et le dossier change complètement de catégorie. Mais tant qu’on reste sur une HTA stable, sans complication, l’ITT reste le plus souvent accessible.

En pratique, la surprime se concentre plus sur le décès et la PTIA que sur l’incapacité de travail.

Attention

il faut aussi se méfier des contrats groupes bancaires : certains appliquent des exclusions larges, parfois sur l’ensemble des garanties, sans vraie lecture individualisée du dossier. Pour les emprunteurs qui souhaitent voir si l'assurance emprunteur obligatoire ou facultative offre des marges de manœuvre, la réponse passe presque toujours par la comparaison de contrats alternatifs.

 

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3) L'impact d'une surprime sur décès/PTIA en 2026

La surprime pour une HTA porte presque exclusivement sur la garantie décès et PTIA. Voici l'impact sur des profils réels :

 

Profil Capital Durée TAEA avec surprime 50 % Coût total standard Coût total avec surprime
40 ans, HTA légère sous monothérapie 250 000 € 20 ans 0,30 % 12 000 € 15 000 €
48 ans, HTA modérée sous bithérapie 200 000 € 15 ans 0,42 % 8 400 € 12 600 €
50 ans, HTA + tabac + surpoids 200 000 € 20 ans 0,64 % 12 800 € 25 600 €

Ces fourchettes sont indicatives. Pour le même profil, la surprime varie de 25 % à 150 % selon l'assureur et le contrat. Deux dossiers identiques peuvent avoir 3 000 € de différence sur la durée totale selon l'option choisie. C'est la raison pour laquelle un comparatif d'assurance emprunteur qui cible les assureurs alternatifs donne une image très différente du devis initial de votre banque.

Si vous empruntez à deux avec un co-emprunteur sans HTA, la répartition de la quotité d'assurance emprunteur peut réduire le coût global : mettre une quotité plus élevée sur le profil le plus favorable réduit le TAEA moyen. 

Bon à savoir

Depuis la loi Lemoine, changer d'assurance emprunteur en 2026 est possible à tout moment sans frais. Un nouvel assureur évalue votre profil actuel, pas celui d'il y a six ans. Si la situation médicale a changé dans le bon sens, une nouvelle demande peut aboutir à une surprime réduite

4) Le questionnaire médical

Si votre prêt dépasse 200 000 € par assuré, ou si vous avez plus de 60 ans à l’échéance, le questionnaire de santé devient obligatoire. Dans le cas d’une hypertension artérielle, les questions portent généralement sur : vos dernières valeurs tensionnelles, le traitement en cours, la durée de ce traitement, les bilans récents comme le bilan rénal, l’ECG ou le fond d’œil, ainsi que l’éventuelle présence de complications cardiovasculaires, comme un AVC ou une insuffisance cardiaque. L’assureur prend aussi en compte les facteurs associés, tels que le tabac, le diabète ou un cholestérol élevé.

Deux situations peuvent toutefois vous éviter ce questionnaire. D’abord, la loi Lemoine le supprime si le capital assuré est inférieur à 200 000 € par assuré et si le remboursement du prêt se termine avant vos 60 ans. Ensuite, lorsqu’une hypertension est ancienne, stable et sans complication, le dossier est souvent mieux reçu. Un dossier complet, avec des mesures récentes et rassurantes, pèse davantage dans l’analyse.

Bon à savoir

Mieux vaut réunir tous vos bilans avant de remplir le questionnaire, et non après une réponse défavorable. Un médecin-conseil n’évalue pas de la même façon un dossier documenté, avec des chiffres précis et récents, et un dossier incomplet qui laisse place au doute.

La convention AERAS

L’hypertension artérielle peut relever du cadre AERAS lorsqu’elle s’inscrit dans une situation de santé aggravée. Pour les prêts assurés jusqu’à 420 000 € et remboursés avant 71 ans, la convention prévoit un examen en trois niveaux successifs. Si l’assureur refuse au niveau 1, le dossier est automatiquement réétudié au niveau suivant, sans démarche particulière de votre part.

En revanche, l’HTA ne figure pas dans la partie de la grille de référence AERAS qui permet une acceptation sans surprime. Cette grille concerne surtout certaines pathologies, comme des cancers, sous réserve d’un recul thérapeutique suffisant. Il faut donc bien distinguer la convention AERAS, qui encadre l’étude du dossier et limite certains refus, de l’obtention automatique d’une assurance, qui n’est jamais garantie.

Dans ce type de profil, un autre mécanisme peut être utile : l’écrêtement des surprimes. Il peut s’appliquer lorsque la surprime dépasse 1,4 point de TAEG et que les revenus annuels du foyer restent sous un certain plafond. C’est un levier rarement mis en avant spontanément par les banques.

Si vous avez essuyé un refus ou une exclusion jugée abusive, notre article sur le refus d'assurance emprunteur détaille les recours disponibles. Et lorsque le dossier combine plusieurs pathologies par exemple une HTA associée à un diabète ou à des antécédents psychiatriques, notre guide sur l'assurance emprunteur et les problèmes de santé traite ces situations plus complexes.

 

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5) Après 55 ans : quand l'HTA et l'âge se cumulent

L'hypertension artérielle touche environ la moitié des personnes de plus de 60 ans. C'est aussi l'âge auquel on souscrit des prêts pour des résidences secondaires, des investissements locatifs, des rachats de crédit. 

L'HTA est plus fréquente, les bilans plus chargés, et les garanties ITT et IPT s'arrêtent souvent entre 65 et 67 ans dans la plupart des contrats bien avant la fin du prêt si vous empruntez à 58 ans sur 20 ans. Notre guide sur l'assurance emprunteur pour senior après 60 ans traite ces profils spécifiquement, notamment sur la question des âges de cessation de garantie.

Exemple

Martine, 57 ans, HTA sous bithérapie depuis 12 ans, tension stabilisée à 132/84 mmHg, fond d'œil normal, bilan rénal stable. Elle emprunte 180 000 € sur 12 ans pour un studio locatif. Son prêt se termine à ses 69 ans. Elle ne peut pas bénéficier du seuil loi Lemoine (capital > 200 000 € non, mais remboursement après 60 ans). Un courtier spécialisé lui identifie un assureur dont la grille est favorable sur son profil : surprime de 40 % sur décès/PTIA uniquement, ITT couverte sans exclusion. C'est 1 400 € de moins que le contrat groupe de sa banque sur la durée totale.

6) FAQ

Faut-il déclarer son hypertension dans le questionnaire de santé ?

Oui, sauf si vous bénéficiez de la suppression du questionnaire prévue par la loi Lemoine (capital assuré sous 200 000 € par assuré et remboursement avant 60 ans). L'HTA est une affection de longue durée reconnue et doit être déclarée au-delà de ces seuils. Une omission intentionnelle constitue une fausse déclaration et peut entraîner la nullité du contrat au moment d'un sinistre.

Une hypertension légère entraîne-t-elle automatiquement une surprime ?

Non. Une HTA légère, stabilisée sous monothérapie avec une tension inférieure à 140/90 mmHg, sans complication et sans facteur de risque associé, peut être acceptée au tarif standard par des assureurs en délégation. La surprime intervient surtout quand l'HTA nécessite plusieurs médicaments ou s'accompagne d'autres facteurs de risque.

L'hypertension entraîne-t-elle une exclusion de la garantie ITT ?

Pas systématiquement. Une HTA isolée et bien contrôlée n'entraîne généralement pas d'exclusion sur l'ITT. L'exclusion des affections cardiovasculaires sur l'ITT intervient surtout quand l'HTA s'est accompagnée de complications documentées : AVC, cardiopathie hypertensive, insuffisance cardiaque. Certains contrats groupes bancaires l'appliquent par principe, ce qui justifie de comparer.

Sur quelle garantie porte principalement la surprime pour une HTA ?

Presque toujours sur la garantie décès et PTIA, pas sur l'ITT. L'HTA augmente le risque de mortalité cardiovasculaire sur le long terme c'est ce que l'assureur intègre dans sa tarification. L'ITT, qui couvre les arrêts de travail, est rarement impactée pour une HTA simple sans complication.

Que faire si l'assureur refuse ou applique une surprime excessive ?

La convention AERAS impose un réexamen sur trois niveaux pour les prêts jusqu'à 420 000 € remboursés avant 71 ans. Un mécanisme d'écrêtement plafonne la surprime à 1,4 point du TAEG si vos revenus sont sous le plafond de la Sécurité sociale. En parallèle, un courtier spécialisé en risques aggravés peut identifier des assureurs avec des grilles plus favorables sur le profil HTA.

Peut-on faire baisser sa surprime si la tension s'est améliorée depuis la souscription ?

Oui. La loi Lemoine permet de changer d'assurance à tout moment sans frais. Un nouvel assureur évalue votre profil actuel. Si votre tension s'est stabilisée, si vous êtes passé à une monothérapie ou si vos bilans cardiovasculaires sont meilleurs qu'au moment de la souscription, une nouvelle demande peut aboutir à de meilleures conditions.

 

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