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Assurance emprunteur après un cancer : ce que vous pouvez vraiment faire

 

Vous êtes en rémission et vous préparez un projet d’achat en 2026. Dans beaucoup de cas, la question de l’assurance emprunteur arrive très vite, souvent avec des inquiétudes. 

En France, des millions de personnes vivent avec un antécédent de cancer. Et depuis la loi Lemoine, les règles ont changé. Tout n’est pas automatique, mais selon votre date de fin de traitement, votre dossier peut aujourd’hui être traité beaucoup plus facilement qu’avant.

 
 

1) Ce que regarde l’assureur

Quand vous demandez une assurance emprunteur, l’assureur examine surtout votre situation médicale actuelle, vos antécédents, la date de fin des traitements et l’éventuelle présence d’une rechute. Selon votre profil, il peut accepter le dossier sans difficulté, appliquer une surprime ou exclure certaines garanties liées à la maladie.

Dans les situations les plus complexes, le dossier peut être étudié dans le cadre de la convention AERAS. C’est souvent là que se joue une grande partie de la solution.

Ce qu’il faut savoir, c’est que les réponses ne sont pas identiques d’un assureur à l’autre. Un même dossier peut recevoir des conditions très différentes selon l’organisme qui l’étudie. C’est pourquoi comparer peut vraiment faire la différence.

2) Le droit à l'oubli : ce que la loi dit exactement

Le point clé, c’est le droit à l’oubli. Cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, vous n’avez plus à déclarer votre ancien cancer dans le questionnaire de santé. Dans ce cas, l’assureur ne peut pas tenir compte de cet antécédent pour appliquer une surprime ou une exclusion liée à cette pathologie.

Avant la loi Lemoine (loi n°2022-270, consultable sur Légifrance), ce délai était plus long. Aujourd’hui, il est passé à cinq ans pour les cancers, ce qui a changé la donne pour de nombreux emprunteurs.

Attention

Le délai se calcule à partir de la fin des traitements, pas à partir de la date où la rémission a été annoncée. Ces deux dates peuvent être différentes, et cela peut décaler l’accès au droit à l’oubli de plusieurs mois.

Ce droit s’applique aux prêts immobiliers, aux prêts à la consommation et aux prêts professionnels, sous réserve que l’assurance arrive à échéance avant le 71e anniversaire de l’emprunteur.

Exemple

Sophie a 42 ans. Elle a eu un cancer du sein diagnostiqué en 2018, et son dernier traitement s’est terminé en novembre 2019. En décembre 2024, elle dépose un dossier pour un prêt de 280 000 €. Plus de cinq ans se sont écoulés depuis la fin du protocole, et il n’y a pas eu de rechute. Elle n’a donc pas à déclarer son ancien cancer, et son dossier est traité dans les conditions classiques.

 

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3) La convention AERAS quand le délai n'est pas atteint

Si vous êtes à moins de cinq ans de la fin des traitements, le droit à l’oubli ne s’applique pas encore. C’est là que la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé, accessible sur aeras-infos.fr) prend le relais. Elle permet d’examiner le dossier à plusieurs niveaux, avec une étude plus approfondie si la première réponse est négative ou trop pénalisante.

Cette convention prévoit aussi une grille de référence qui encadre certaines pathologies, avec des conditions plus favorables selon les cas. Elle sert de base minimale aux assureurs signataires.

Dans certains dossiers, des mécanismes existent aussi pour limiter l’impact des surprimes, notamment pour les revenus modestes. Et si certaines garanties sont refusées, des solutions alternatives peuvent être proposées selon le profil médical. 

Pour les recours en cas de refus, notre article sur le refus d'assurance emprunteur liste les options. Notre guide sur l'assurance emprunteur et les problèmes de santé complète le tableau.

Exemple

Thomas a 38 ans. Il a terminé un traitement pour un lymphome de Hodgkin en janvier 2022. En juin 2024, il demande une assurance pour son prêt. Il n’est pas encore éligible au droit à l’oubli, mais son dossier passe dans le cadre AERAS. Au final, il obtient une couverture avec surprime, mais les garanties principales sont maintenues.

4) L'impact concret d'une surprime sur votre prêt 

Voici ce que ça donne en chiffres réels, sur un prêt standard :

 

Profil Capital Durée TAEA standard TAEA surprime 80 % Coût total standard Coût total avec surprime
38 ans 200 000 € 20 ans 0,20 % 0,36 % 8 000 € 14 400 €
45 ans 200 000 € 20 ans 0,28 % 0,50 % 11 200 €

20 000 €

 

L’écart peut être important, mais il n’est pas figé. En comparant plusieurs assureurs, on peut parfois le réduire nettement. Sur un même dossier, un courtier spécialisé obtient souvent de bien meilleures conditions que la banque, avec des surprimes plus contenues.

L’exclusion de garantie ITT ne fonctionne pas comme une surprime. Dans ce cas, vous payez généralement le contrat au tarif classique, mais si un arrêt de travail survient à cause d’une rechute ou de séquelles liées au cancer, les mensualités ne seront pas prises en charge. En revanche, la garantie décès reste le plus souvent maintenue. Le bon choix dépend donc de votre situation globale : revenus du foyer, niveau de protection sociale et capacité d’épargne.

Pour la quotité d’assurance emprunteur, il peut être utile, quand on emprunte à deux, de répartir la couverture de façon stratégique. Si l’un des deux emprunteurs a un antécédent médical, il est souvent plus pertinent de concentrer la quotité la plus élevée sur l’autre.

 
 

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5) Comment bien monter son dossier ?

Avant de contacter un assureur, il vaut mieux réunir tous les documents médicaux utiles : comptes rendus d’hospitalisation, protocole de traitement, date exacte de fin de traitement et, si possible, attestation de rémission. La date de fin de protocole est particulièrement importante, car c’est elle qui sert souvent de référence pour le droit à l’oubli.

Il est aussi préférable de solliciter plusieurs assureurs en même temps plutôt que les uns après les autres. Sinon, les délais s’allongent vite et peuvent compliquer un projet d’achat. Passer par un courtier spécialisé en risques aggravés de santé peut aussi faire la différence, car il connaît mieux les pratiques de chaque assureur. Certains assureurs comme Cardif proposent des dispositifs permettant d'accéder au contrat sans surprime ni exclusion dès la fin du traitement pour certains cancers spécifiques (sein, prostate, testicules).

Il ne faut rien oublier dans le questionnaire de santé lorsqu’il est demandé. Une fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat et bloquer toute indemnisation en cas de sinistre. Mieux vaut jouer la transparence dès le départ.

Si vous avez souscrit avant 2022 avec une surprime, et que vous avez désormais dépassé les 5 ans depuis la fin du protocole, il peut être intéressant de changer d’assurance emprunteur. Depuis la loi Lemoine, cela peut se faire à tout moment et sans frais. C’est souvent l’un des leviers les plus efficaces pour faire baisser le coût total du prêt.

Exemple

Marc a 50 ans. Il a été traité pour un cancer de la prostate entre 2018 et mars 2019. En avril 2024, il a dépassé le délai de 5 ans. Il résilie alors son assurance bancaire, souscrite en 2019 avec une surprime importante, et choisit un nouveau contrat aux conditions standards. Au final, il économise plus de 8 000 € sur la durée restante de son prêt.

Pour les emprunteurs seniors, les règles peuvent être encore plus sensibles, surtout quand les limites d’âge se combinent avec des antécédents médicaux.

6) FAQ

Peut-on vraiment emprunter après un cancer en rémission ?

Oui. Être en rémission n'interdit pas d'emprunter. Selon le délai depuis la fin du protocole thérapeutique, vous bénéficiez soit du droit à l'oubli complet, soit du mécanisme AERAS qui encadre les conditions de surprime et d'exclusion. Un refus d'assurance ne ferme pas non plus automatiquement la porte au prêt : hypothèque, nantissement, cautionnement sont des alternatives que la banque doit examiner avant de dire non.

Le droit à l'oubli, qu'est-ce que ça change concrètement ?

Ça vous permet de ne pas déclarer votre ancien cancer dans le questionnaire de santé. L'assureur ne peut pas en tenir compte, ne peut pas appliquer de surprime ni d'exclusion liée à cette pathologie. Votre dossier est traité exactement comme celui d'un emprunteur sans antécédent médical. C'est un droit légal, inscrit dans la convention AERAS et précisé par la loi Lemoine de 2022.

Le délai de 5 ans, à partir de quand exactement ?

À partir de la fin du protocole thérapeutique, pas de la date de rémission médicale. Ces deux dates peuvent diverger. Si votre rémission a été déclarée en mars 2020 mais que votre dernier traitement s'est terminé en septembre 2020, le délai de 5 ans court depuis septembre 2020. Aucune rechute ne doit avoir été constatée. Le droit s'applique à tous les cancers, sans distinction de type ou de stade.

L'assurance est-elle forcément plus chère après un cancer ?

Pas si le délai de 5 ans est atteint : aucune surprime n'est possible. Avant ce délai, une majoration est possible, mais son niveau varie beaucoup selon les assureurs. Pour le même profil, la fourchette va de 40 % à 150 % selon la compagnie. Faire jouer la concurrence via un courtier spécialisé peut réduire ce coût de moitié par rapport à la première proposition reçue.

Que faire si tous les assureurs refusent ?

Le dossier passe en niveaux 2 puis 3 de la convention AERAS. Si l'IPT est refusée ou exclue, la GIS peut être proposée. En dernier recours, des garanties alternatives existent : hypothèque sur un bien existant, nantissement d'une assurance vie, cautionnement. La banque doit les étudier avant de refuser définitivement le prêt.

La banque peut-elle refuser le prêt à cause du cancer ?

Pas directement, l'état de santé ne peut pas être pris comme motif de refus de crédit. En revanche, si aucune assurance n'est accessible aux conditions exigées et qu'aucune garantie alternative n'est acceptée, la banque peut refuser le prêt faute de couverture suffisante. C'est pourquoi les recours AERAS et les alternatives existent.

Faut-il déclarer un cancer guéri depuis plus de 5 ans ?

Non. Si le délai de 5 ans depuis la fin du protocole est atteint et qu'aucune rechute n'a eu lieu, le droit à l'oubli s'applique. Vous n'avez ni l'obligation ni le droit de déclarer cette pathologie. L'assureur ne peut pas vous en faire la demande. Si la question figure malgré tout dans le questionnaire, il ne peut pas en tenir compte dans sa tarification.

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